Les données mondiales montrent que les enfants sourdaveugles sont beaucoup moins susceptibles d’être scolarisés que les enfants non en situation de handicap et qu’ils sont moins susceptibles d’être scolarisés que les enfants ayant d’autres besoins éducatifs particuliers (Le Fanu et al., 2018). S'ils sont scolarisés, c'est généralement dans des établissements spécialisés.
Néanmoins, une grande variété de dispositifs est nécessaire pour répondre aux besoins diversifiés de ce groupe d'apprenants très hétérogène. En 2004, aux États-Unis, le concept « d'environnement le moins restrictif » a été établi comme critère de sélection du milieu d'accueil. Cela signifie le choix d'un établissement offrant les meilleures conditions pour permettre à l'élève de réaliser son potentiel cognitif et social en participant activement au programme d'enseignement et aux interactions sociales au sein de la classe. Dans tous les milieux, les élèves auront besoin de supports de communication personnalisés, pouvant inclure des assistants pédagogiques ou des interprètes ayant une formation spéciale en surdicécité. Un faible ratio adulte/élève est essentiel pour favoriser l'accès et l'engagement dans n'importe quel milieu (Ferrell et al., 2014) . Les groupes d'enseignement doivent être suffisamment petits pour permettre à l'élève sourdaveugle d'accéder pleinement à l’information, de participer à la leçon et de recevoir des retours. Même si l'apprenant dispose d'une vision et/ou d'une audition résiduelles importantes, les dispositions pédagogiques en petits groupes peuvent aider à localiser la personne qui parle ou le partenaire de communication. En outre, il est nécessaire de réduire au minimum les bruits de fond et les distractions visuelles. Les élèves qui dépendent principalement de l'information tactile pour apprendre peuvent avoir besoin d'un enseignement individuel pour la plupart de leurs cours afin de faciliter leur accès, leur participation et permettre un retour tactile fréquent (Bruce et al., 2016).
Il existe des exemples positifs montrant comment un programme éducatif inclusif peut répondre avec succès à l'ensemble des besoins d'un élève sourdaveugle. Les facteurs de réussite ont été décrits dans le rapport d'étude de cas de Mar & Sall. Ils englobent le soutien et la coordination administratifs, y compris le choix des enseignants, la prise de décision en équipe, la « flexibilité » des rôles et des méthodes d'enseignement, l'adaptation sociale et physique de l'environnement, la facilitation par l'enseignant assistant, les attitudes et l'acceptation des pairs et le développement des qualités d'interaction entre pairs (Mar & Sall, 1996). Dans ce contexte, les adultes doivent favoriser les interactions réciproques entre les enfants sourdaveugles et leurs pairs sans handicap en éliminant les obstacles environnementaux à la communication (Ferrell et al., 2014).