Résumé de section

    • La surdicécité congénitale, c’est-à-dire la combinaison d’une déficience auditive et visuelle présente dès la naissance, limite fortement le développement naturel du langage et de la communication. Les enfants concernés s’expriment souvent à travers des moyens prélinguistiques — gestes, mouvements corporels ou vocalisations — avant d’accéder, pour certains, à des formes symboliques plus complexes. Le développement de la communication suit une progression lente, allant du comportement pré-intentionnel jusqu’à la combinaison de symboles abstraits. Le langage tactile et corporel, fondé sur le contact physique et les expériences sensorielles, constitue souvent la principale voie d’accès à la communication. L’enfant sourdaveugle apprend à créer du sens à partir d’interactions répétées et émotionnellement chargées avec des partenaires de communication capables d’interpréter, d’imiter et de confirmer ses gestes. Ces interactions permettent de construire progressivement un langage propre à chaque dyade, souvent différent des langues conventionnelles, mais porteur de sens partagé.

      Le développement émotionnel et la communication symbolique reposent sur une relation de confiance entre l’enfant et son entourage. L’adulte joue un rôle central en reconnaissant les signaux de l’enfant et en répondant de manière adaptée. Des modèles éducatifs récents, issus notamment des travaux de l’Université de Groningue, insistent sur la qualité des interactions dyadiques, l’attention conjointe et la co-construction du sens. Les formations professionnelles visent à développer chez les éducateurs et les familles des compétences d’observation, d’ajustement et d’empathie afin de favoriser la participation active des enfants sourdaveugles. Bien que la communication en dyade reste la plus accessible, les recherches récentes encouragent aussi à créer des contextes où ces personnes peuvent interagir avec plusieurs partenaires, ouvrant la voie à un développement social et cognitif plus riche.